Archives de Catégorie: Sport

« En France, les médailles par équipes sont aussi belles que les individuelles »

Boris Sanson, Julien Pillet, Vincent Anstett et Nicolas Lopez, vainqueurs du sabre aux JO de Pékin

Selon Nadine Debois, docteur en STAPS, la tendance des sportifs français à briller par équipes et à décevoir en individuel serait liée à certains ressorts psychologiques, sociaux et techniques.

Lors des JO de Vancouver, Sandrine Bailly a fait un relais exceptionnel, alors que ses résultats individuels ont été décevants. D’autres Bleus, par le passé, ont connu le même genre de fortune… Est-ce une tendance française ?

Cela ne concerne pas seulement les sportifs français, même si le phénomène est récurrent ici. Le tout est lié à la personnalité des sportifs. En effet, le psychologique peut prendre le dessus sur la performance individuelle, en particulier lors de grands événements comme les JO ou d’autres compétitions internationales. Psychologiquement, le sportif fait la balance entre la difficulté qui se profile, et les ressources dont il pense disposer. A titre individuel, l’athlète blessé peut ainsi se sentir menacé quand il n’est pas au top de sa forme. Par équipes, le même athlète peut percevoir cette difficulté comme un challenge car il veut participer à une œuvre collective et ne pas décevoir ses coéquipiers : l’enjeu étant partagé, la pression est partagée et chacun apporte sa pierre à l’édifice.

Accorde-t-on en France plus d’importance aux épreuves par équipes qu’à l’étranger ?

Probablement. En athlétisme, par exemple, les Français ont toujours préparé en groupes et en pôles les échéances à venir. Le grand relais titulaire du record du monde Sangouma, Marie-Rose, Trouabal et Morinière se connaissait par cœur, avec les avantages techniques et mentaux que cela comporte. Les relais américains fonctionnent différemment : les quatre premiers des championnats nationaux sont sélectionnés, et ne commencent à travailler ensemble que peu de temps avant le début des compétitions internationales. En 2003,  lors du 4 x 100 m, quand Christine Arron rattrape puis double Torri Edwards, pourtant vice-championne du monde, cela est dû autant à son relâchement qu’à un avantage technique, dû au travail consacré au passage de relais.

Au quotidien, l’éducation sportive française insiste-elle particulièrement sur la notion de collectif ?

Le principe même d’Insep, de pôles et de rassemblements favorise le travail de groupe. Les athlètes, globalement, se retrouvent dans le collectif et ont l’impression de participer à une construction. D’un point de vue éducatif, cela permet d’éviter les comparaisons sociales ou statistiques, fortement marquées par les égocentrismes… D’ailleurs, et cela n’est pas un hasard, les relais français ont commencé à décliner quand nos athlètes ont commencé à privilégier les entraînements plus individualisés.

Propos recueillis par Pierre Laurent

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Multisports : l’équipe, un refuge pour les Bleus déçus par l’individuel ?

Médaillées d’argent du relais 4 x 6kms, la biathlète française Sandrine Bailly et ses collègues nous ont encore prouvé hier, à l’occasion des JO de Vancouver, que les Bleus brillent souvent par équipes après avoir eu des résultats individuels décevants… Retour sur les plus belles revanches collectives françaises.

Leconte – Sampras, Coupe Davis 1991

Qualifiée en finale de la coupe Davis, l’équipe de France joue à Lyon contre les Etats-Unis de Sampras et Agassi. Yannick Noah, le capitaine des Mousquetaires, rappelle aux côtés du meilleur Français Guy Forget, le revenant Henri Leconte, ancien numéro 5 mondial mais redescendu à la 159ème place du classement ATP suite à des blessures à répétition. A la surprise générale, Leconte bat en trois sets secs Sampras et remporte le double aux côtés de Forget contre les ultrafavoris Flach et Seguso. Les Bleus l’emportent au final 3-1.

Championnats du Monde 2003 à Paris – relais 4 x 100m féminin

Décevante sixième de la finale du 100m en 11’06, la recordwoman d’Europe Christine Arron se surpasse à l’occasion du relais 4*100m en tant que dernière relayeuse. Lancée en deuxième position par Girard, Hurtis et Félix, Arron reprend trois mètres de retard sur la pourtant vice-championne du monde Torri Edwards à l’issue d’une ligne droite de folie… Son passage n’a pas été chronométré, mais l’Antillaise avait, ce soir là, les jambes qui lui ont tant manqué lors de la finale. Réaction d’orgueil ou faillite psychologique ?

Le 100 m

Le relais 4 x 100m

Jeux Olympiques de Vancouver – Biathlon

Pour la leader de l’équipe de France Sandrine Bailly, ces Jeux ont été une collection de médailles manquées… La skieuse de 30 ans, ancienne numéro un mondiale, misait beaucoup sur sa dernière compétition mais n’a pas su élever son niveau, en prenant une petite 7ème place du mass start et surtout, une indigne 52ème place de l’individuel… Avant ces résultat honorables mais sans gloire, Bailly n’était même pas sûre d’intégrer le relais 4*6kms, faute de résultats probants ces derniers mois… Un relais qu’elle a pourtant porté jusqu’à la médaille d’argent, en faisant le meilleur dernier tour de toutes les concurrentes ! Comme en 2006 lors de la conquête du bronze par équipes, « Sansan » a donc retrouvé ses jambes à l’occasion des relais après avoir tant déçu en individuel…

Leslie Djhone – Championnats d’Europe d’athlétisme 2005 – 400m

Grand favori de la compétition, Djhone vient de signer la meilleure performance européenne de l’année. Il finit pourtant seulement troisième de la finale du 400m, derrière son compatriote Marc Raquil et le méconnu Russe Vladislav Frolov… Quelques jours plus tard, Leslie Djhone signe pourtant une grande performance à l’occasion du relais 4 * 400m, et remporte la médaille d’or aux côtés de Diagana, Raquil et M’Barke. Manifestement, le Francilien a retrouvé par équipes l’état de forme qui lui a manqué en individuel.

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Ligue des Champions : Bordeaux, favori ou outsider ?

Ouest France DR

Les Girondins de Bordeaux jouent ce soir leur huitième de finale aller de la ligue des Champions chez l’Olympiakos le Pirée, un habitué de la compétition. Sortis premiers de leur poule devant des clubs comme la Juventus de Turin ou le Bayern Munich, les joueurs de Laurent Blanc ont certes survolé la phase préliminaire, mais cette facilité n’est en rien un bulletin de qualification…

Pour Blanc, ancien champion du monde en 1998 et vainqueur de l’Euro 2000, les Français ne font pas figure de favoris : « l’Olympiakos fait partie des clubs qui ont l’habitude de ce genre de rendez-vous. On était satisfait au tirage au sort parce qu’on craignait un club plus huppé mais les joueurs, l’entraîneur et les supporters d’Olympiakos ont fait la même remarque en tombant sur Bordeaux. Les deux équipes ont autant de chances de se qualifier ». Si le discours semble flirter avec l’intox ou la langue de bois, le club grec reste une belle équipe, fort complémentaire selon lequipe.fr.

Devant, comme derrière, les joueurs hellènes sont relativement méconnus, mais il émerge de ce collectif sans faille quelques individualités, comme le très technique Enzo Maresca, le défenseur suédois Olaf Mellberg et surtout, le redoutable attaquant brésilien Diogo Luis Santo, observé de près par Arsenal ou la Fiorentina. Cependant, Diogo ne devrait jouer qu’au retour, comme l’ancien joueur du CSKA Moscou Dudu et l’international argentin Galletti, blessés depuis le week-end dernier.

Un gros manque, comme le prouvent ces vidéos :

Les Girondins pourraient donc creuser l’écart dès ce soir, tout en sachant que le match retour aura lieu au stade Chaban-Delmas. Mais avant tout, devant le public bouillant du stade Karaiskaki, les Girondins devront  imposer leur présumée mainmise technique, pour ne pas s’exposer au style physique des joueurs hellènes.

Pierre Laurent

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12 villes recevront des subventions pour rénover leurs stades

La carte des stades prévue dans la candidature française de l'Euro 2016

Rama Yade est bien décidée à restaurer les stades de 12 villes même si la candidature de la France à l’Euro 2016 de football échoue. La secrétaire d’Etat aux Sports a annoncé mercredi 2 décembre que l’enveloppe de 150 millions d’euros promise par l’Etat aux douze villes candidates à l’Euro 2016 sera versée même si la France n’en décroche pas l’organisation ». Cette annonce est intervenue alors que les maires des douzes villes candidates à l’organisation de cette compétition sont réunis au siège de la FFF depuis 14 heures.

« Ca veut dire qu’il est urgent de rénover les stades, Euro ou pas. Nos stades ont 66 ans de moyenne d’âge et de toutes les façons il faut engager ce processus de rénovation », a-t-elle poursuivi.

Les instances du football français se sont félicitées de cet engagement. « Nous espérons que nous allons gagner, mais il s’agit d’un investissement à long terme, et cet investissement à long terme se fera quoi qu’il arrive. C’est quelque chose d’important », s’est réjoui le président de la Fédération française de football (FFF), Jean-Pierre Escalettes. « Un pas de géant a été accompli vers la modernisation de nos stades, a déclaré le président de la Ligue dans un communiqué. Sous l’impulsion de Nicolas Sarkozy, l’Etat aidera chacune des douze villes candidates de manière transparente, non discriminatoire et surtout de manière ferme et irrévocable. Que cet engagement financier de l’Etat ne soit plus lié au choix final de l’UEFA pour le pays organisateur, comme l’a annoncé le chef de l’Etat, montre que la modernisation de nos enceintes sportives est véritablement devenue une priorité nationale. »

Joachim Dauphin

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